Le pavillon central du C.P.R.A.A.A.

Après la saison glorieuse de 1928, le 6 avril 1929, alors que les terrains extérieurs sont toujours impraticables à Montréal, les 25 joueurs du CPR FC se présentent dans les locaux du club situé sur l’avenue Mont-Royal près de Papineau, afin de préparer leur condition physique en vue de la saison à venir.

avenue Mont-Royal Est / Papineau. 1928

Le stade de soccer-football n’était pas le seul édifice consacré au sports pour le club du C.P.R.A.A.A. En plus de cette enceinte, le club, entre 1914 et 1929, louait des locaux voisin de la banque Royale situé au 1009 ave. du Mont-Royal Est.(le numéro civique changea en 1925 pour devenir le 1807 Mont-Royal Est). Le bâtiment fut, selon toute vraisemblance, détruit/reconstruit après la guerre. Outre les sportifs, joueurs de billards, musiciens du « Glee Club » ainsi que ceux intéressés par les parties de cartes, notamment le jeu du « Whist » s’y retrouvaient avec grand plaisir.

Le succès du club, obtenus notamment par un nombre grandissant de membres, permis la construction d’un pavillon central « clubhouse » situé au 5300 de la 11e ave, sur la limite nord des « Shops »vers l’année 1931. (aujourd’hui étant le boulevard St-Michel au nord de la rue Laurier) .  Le club, par son président de l’époque E. W. Beatty, avait annoncé dès 1929, l’apport de plus de 100 000$ par la compagnie afin d’ériger cet ensemble de terrains sportifs et de ce magnifique « clubhouse »

À cette époque, part le biais de ses différentes association, écoles et compagnies, la société anglaise de Montréal reproduisait l’exemple des différents clubs sociaux et sportifs qui étaient légions en Angleterre et à Londres plus particulièrement (notamment les clubs créer en lien avec l’Amateur Athletic Association). Les pavillons centraux des « Athletics Clubs » créaient se lieu de rassemblement pour cette classe supérieur de « gentlemen »  mais également comme lieux de rencontre pour les travailleurs (les employés de bureaux en premier lieu).  La société britannique montréalaise avait amorcé la construction de plusieurs de ces « clubhouses » quelques décennies auparavant[2].  Le développement immobilier ainsi que la forte augmentation foncière des terrains occupés par ces clubs sportifs poussa plusieurs d’entre-eux à vendre, transférer, fusionner ou a mettre fin à leurs activités par manque de fonds ou tout simplement par opportunisme. Malgré tout, de magnifiques exemples de ces pavillons  d’autrefois existent toujours.  L’édifice de la M.A.A.A. de la rue Peel ainsi que celui de la défunte Palestre Nationale de la rue Cherrier en sont de vibrants exemples.

Pavillon central C.P.R.A.A.A.(1935)

Dans le secteur d’Angus, à l’intérieur du club du C.P.R.A.A.A., on y trouvait notamment un gymnase(Basketball, Boxe, lutte, badminton etc…) avec une scène, ainsi qu’une mezzanine  pour les spectateurs.   À l’intérieur du club, il y avait des allées de quilles ainsi qu’une salle de billard.  Le club disposait également dune grande salle pour les jeux de tables (les échecs et autres jeux de cartes).

 

Deux grands salons pour les divertissements (social rooms), une pour les femmes et une pour les hommes étaient aménager dans les lieux.  Ces salles étaient semble-t-ils joliement décorées et comportaient des chaises rembourés de type « chesterfield ». Finalement, au sous-sol, ont y retrouvaient les vestiaires ainsi ques les douches.

À l’extérieur, les membres disposaient de 6 terrains de tennis avec un pavillon attenant, un terrain de boulingrin avec une herbe impeccablement coupée et un terrain sportif pour les matchs de baseball et de hockey une fois l’hivers venu.  Ce terrain disposait en 1935, d’estrades pouvant acceuillir plus de 600 personnes.[1]

 

Plusieurs disciplines sportives étaient pratiquées, notamment le tennis.  Sur cette photo nous distinguons clairement le « Clubhouse » en arrière plan.

 

Une affiche d’un gala de boxe provincial junior se tenant au club.  

Le club du C.P.R.A.A.A ferma ses portes vers 1955-1956 et fut utilisé temporairement par le club de boxe Deukania, fondé par l’ancien pugiliste et ex-champion du Dominion, Harry Wiebush (qui aurait également représenté le Canada lors des jeux olympiques de 1936 à Berlin). En 1955, le gymnase était décrit par les dirigeants du club comme l’un des meilleurs et modernes au pays.

Près de 39 boxeurs, à forte majorité d’origine allemande, s’y entraînaient quotidiennement.

Suite à la fermeture du club, une association canadienne ukrainienne puis un club de tir pour les policiers montréalais auraient pris le relais avant la destruction du site  (vers 1964) pour le prolongement future de la onzième avenue.  C’est cette avenue qui deviendra l’actuel boulevard St-Michel.

[1] http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/GRANDES_RUES_FR/MEDIA/DOCUMENTS/185898_0449.pdf

[2]METCALFE, Alan : The Evolution of Organized Physical Recreation in Montreal, 1840-1895

 

 

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